Le Palais de Justice de Bordeaux fut inauguré en 1846, remplaçant le fort du Hâ (aujourd'hui détruit).
On y vit le bâtonnier Peyrecave, en 1906, luttant pied à pied pour laver du crime d’empoisonnement Mme CANABY, que François MAURIAC a définitivement immortalisée sous les traits de Thérèse DESQUEYROUX. On l’y entendit encore défendre l’accusé Bonal, à quatre-vingt-quatre ans, en 1924.
C’est là que fut prononcée, en 1930, la condamnation à mort de DELAFET, meurtrier de six membres de sa famille et qui fut, le 23 novembre 1933 dans la prison du Hâ, le dernier guillotiné publiquement à Bordeaux.
Là, encore, qu’en 1954, MARIE BESNARD(1896-1980) vint de Poitiers pour y faire reconnaître son innocence et y être acquittée, après deux interminables procès et plus de douze ans de procédure, le 12 décembre 1961. En 1949, elle avait été inculpée de meurtre : 12 personnes empoisonnées, dont son propre mari.
Le parricide PONS est le dernier condamné à mort exécuté au Hâ, le 21 juin 1960.
C’est là, aussi, que s’ouvrit, le 8 octobre 1997, un autre procès dont l'instruction, plus longue encore, a duré seize ans. Le plus long procès de l'histoire judiciaire française. Celui de Maurice PAPON. Il a duré six mois. Après vingt et une heures de délibération, le 2 avril 1998, il a été condamné à dix ans de réclusion criminelle pour complicité de crime contre l’humanité.